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Alcool et performance sportive : ce que la science dit vraiment

02/05/2024

Alcool et performance sportive : ce que la science dit vraiment

L'alcool bloque la synthèse protéique de 24 à 37 % et réduit l'endurance de 11 % dès le lendemain d'une soirée. Mécanismes, seuils chiffrés et protocole pratique avant / pendant / après — par Alexis Glomeron, coach sportif Paris, Master 2 STAPS.

 

Nutrition sportive · Cluster récupération

Alcool et performance sportive :
ce que la science dit vraiment

Alexis Glomeron · Coach sportif, Master 2 STAPS · 12 min de lecture · 12 études référencées

Un dîner entre collègues, une soirée prolongée, et la séance du lendemain est compromise. Ce scénario revient régulièrement chez les professionnels parisiens que j'accompagne. La question n'est pas morale : c'est une question de mécanique. L'alcool agit sur plusieurs systèmes simultanément, et comprendre lesquels, avec quelle intensité et pendant combien de temps, change la façon dont on planifie son entraînement. Cet article fusionne les données de 12 études récentes avec 8 ans d'observations terrain pour vous donner une réponse précise, sans dogmatisme.

01

Comment l'alcool sabote
votre récupération musculaire

La récupération musculaire repose sur trois piliers interdépendants : la synthèse protéique, la reconstitution du glycogène et la qualité du sommeil. L'alcool compromet les trois simultanément, ce qui en fait un perturbateur particulièrement efficace, même à des doses que l'on pourrait qualifier de raisonnables.

−11%

Endurance réduite

Shaw et al., 2022

−37%

Synthèse protéique

Parr et al., 2014

−25%

HRV nocturne

Thayer et al., 2005

La voie mTOR : le régulateur bloqué

Des recherches publiées dans l'International Journal of Molecular Sciences (Caceres-Ayala et al., 2023) montrent que l'éthanol inhibe la voie mTOR, le principal régulateur de la construction musculaire. En pratique, les protéines consommées dans les heures suivant l'entraînement sont moins bien utilisées pour réparer les fibres endommagées. Cet effet est dose-dépendant : il commence à se manifester significativement au-delà de 0,5 g d'alcool par kg de masse corporelle, soit environ 3 à 4 verres pour une personne de 80 kg.

L'étude de Parr et al. (2014, PLOS ONE) a quantifié cet effet avec une précision rarement atteinte. Des participants ont effectué un entraînement combiné endurance + résistance, puis consommé soit des protéines seules, soit de l'alcool avec des protéines, soit de l'alcool avec des glucides. Résultat : la synthèse des protéines myofibrillaires était réduite de 24 % dans le groupe alcool + protéines, et de 37 % dans le groupe alcool + glucides. Même si vous mangez bien après une soirée, la fenêtre anabolique est partiellement fermée.

Déshydratation et transport des nutriments

L'alcool agit comme diurétique puissant, en supprimant la vasopressine, l'hormone anti-diurétique. La déshydratation qui s'ensuit affecte directement la thermorégulation et le transport des nutriments vers les muscles. Rodrigues (2020) a montré qu'une déshydratation légère, représentant seulement 1 à 2 % du poids corporel, suffit à dégrader les performances lors de la séance suivante, en particulier sur les efforts d'endurance. Le problème est souvent amplifié si aucune compensation hydrique n'a été faite avant le coucher.

Le sommeil : le piège invisible

L'alcool peut faciliter l'endormissement, mais il fragmente le sommeil profond et réduit la durée du sommeil REM, phase pendant laquelle se produit l'essentiel de la régénération neuromusculaire. C'est le piège classique : on s'endort plus vite, mais on récupère moins bien. Ce point est particulièrement pénalisant pour les personnes qui s'entraînent le matin.

Un marqueur mesurable de cet impact : la HRV (variabilité cardiaque). Selon Thayer et al. (Alcohol Clin Exp Res, 2005), la consommation de 2 verres standard (20 g d'alcool) réduit la HRV nocturne de 15 à 25 %, avec un minimum atteint vers 3h–4h du matin. Pour les utilisateurs de montres connectées (Garmin, WHOOP, Oura), cela se traduit concrètement par un score de récupération dégradé le lendemain matin, souvent sans que la personne ait conscience d'avoir trop consommé.

"L'alcool ne perturbe pas le sommeil parce qu'il empêche de dormir. Il le perturbe parce qu'il dégrade sa qualité, et c'est précisément là que se joue la récupération musculaire."

Alexis Glomeron, coach sportif Paris

Dans ma pratique, plusieurs clients dans le 15e et le 16e m'ont décrit exactement le même pattern : réveil après 7 à 8 heures de sommeil apparent, mais sensation de n'avoir pas vraiment récupéré, sensations musculaires moins précises, coordination légèrement en retard. Ce n'est pas de la fatigue classique — c'est la signature d'un sommeil fragmenté et d'une récupération incomplète.

Ce que vit réellement votre corps dans les 48 heures suivantes :

0h

Absorption rapide

mTOR bloqué

2–3h

HRV commence à chuter

REM réduit

3–4h

Point critique nocturne

HRV −15 à −25%

8h

Synthèse encore compromise

−24 à −37%

24h

Endurance réduite

−11% (Shaw 2022)

48h

Retour baseline (dose modérée)

ou prolongé

Impact de l'alcool sur les principales capacités sportives :

Capacité Impact observé Durée
Endurance Épuisement 11 % plus précoce (Shaw et al., 2022) 24–48h
Force / hypertrophie Synthèse protéique −24 à −37 % (Parr et al., 2014) Jusqu'à 72h
HRV nocturne −15 à 25 % dès 2 verres (Thayer et al., 2005) Nuit suivante
Proprioception Altération neuromotrice, risque de blessure accru Jusqu'à 24h
Récupération musculaire Inflammation prolongée, atrophie accélérée 48–72h
Équilibre hormonal Cortisol ↑ · testostérone ↓ (Jensen et al., 2019) Variable

L'angle oublié : les calories de l'alcool

L'alcool apporte 7 kcal par gramme, soit presque autant que les lipides (9 kcal/g) et bien plus que les protéines ou glucides (4 kcal/g). Ces calories sont métabolisées en priorité absolue par le foie, repoussant l'oxydation des graisses et la reconstitution du glycogène. Un verre de vin : ~90 kcal. Une pinte de bière : ~200 kcal. Sur une soirée de 4 à 5 verres, on atteint facilement 400 à 500 kcal sans aucun apport nutritionnel utile.

Pour un professionnel en phase de recomposition corporelle, ce poste calorique invisible est souvent celui qui explique une stagnation sans cause apparente. Le problème n'est pas la fête du vendredi soir. C'est la fête du vendredi qui s'additionne aux verres du déjeuner du mercredi et à l'apéritif du jeudi.

À retenir — Section 01

○  L'alcool bloque la voie mTOR : la synthèse protéique chute de 24 à 37 % même si vous mangez des protéines après.

○  Dès 2 verres, la HRV nocturne chute de 15 à 25 % avec un minimum à 3h–4h du matin.

○  On s'endort plus vite avec l'alcool, mais le sommeil REM est réduit : la récupération est compromise.

Les conseils nutritionnels d'Alexis relèvent de l'hygiène alimentaire générale (Precision Nutrition L1). Ils ne se substituent pas à un suivi médical ou diététique.

02

Gueule de bois et entraînement :
les chiffres qui surprennent

L'étude de Shaw et al. (2022), publiée dans Medicine and Science in Sports and Exercise, quantifie précisément la baisse de performance le lendemain dans des conditions proches de la réalité. Douze individus actifs ont réalisé des tests d'effort sous deux conditions : après alcool, et après placebo. Les participants ignoraient quelle substance leur avait été administrée.

Le résultat est net : en condition alcool, l'épuisement lors des tests de cyclisme est survenu après 181 secondes en moyenne, contre 203 secondes en condition placebo — soit 11 % de moins. Pour les exercices moins exigeants sur le plan métabolique (saut vertical, flexion du biceps), l'impact était non significatif. L'alcool cible prioritairement les efforts d'endurance et les capacités aérobies.

La revue systématique de Lakicevic (2019) apporte une nuance cruciale : en dessous du seuil de 0,5 g/kg, les effets sur la récupération musculaire sont non significatifs. C'est souvent la conclusion retenue. La suite est moins connue : au-delà de ce seuil, les effets négatifs deviennent progressifs et documentés, en particulier après des séances ayant causé des dommages musculaires significatifs.

Sur la différence hommes/femmes : les recherches de Laudato et al. (2021) montrent que les hommes semblent plus vulnérables aux perturbations de récupération induites par l'alcool, probablement en raison de différences dans le métabolisme de l'éthanol et la réponse hormonale. Un facteur à intégrer dans la planification individuelle, pas une règle absolue.

Le risque de blessure : l'angle sous-estimé

Un point rarement abordé dans les articles grand public : l'alcool altère la proprioception, c'est-à-dire la capacité du système nerveux à percevoir la position précise des articulations dans l'espace. Elle gouverne l'équilibre, la stabilité à l'atterrissage, la précision des appuis. Même à des taux sanguins apparemment faibles le lendemain matin, cette perception neuromotrice reste altérée. Pour un coureur sur terrain irrégulier, un pratiquant de sports de raquette ou un client qui enchaîne des mouvements balistiques, J+1 après une soirée est statistiquement une journée à risque accru d'entorse, de mauvais appui ou de chute. Ce n'est pas une raison d'annuler la séance — c'est une raison de ne pas la pousser à 100 %.

💡

Le mythe de la bière récupératrice

Une étude du Journal of the International Society of Sports Nutrition a montré que des coureurs buvant eau + bière légère bénéficiaient d'une réhydratation comparable à ceux n'ayant bu que de l'eau. Ce résultat est régulièrement sorti de son contexte. Il s'applique à une bière légère (330 ml, 5°) consommée avec de l'eau en parallèle — pas à plusieurs bières consommées seules. L'effet diurétique compense rapidement la contribution hydrique dès le deuxième verre. La bière non-alcoolisée, elle, réhydrate réellement.

Sécurité : rythme cardiaque et effort intense

Le lendemain d'une consommation élevée, les exercices à haute intensité (HIIT, sprints, zone 4–5) sont déconseillés : la FC de repos est déjà élevée, la HRV est réduite. Optez pour un volume modéré en zone 2 au maximum, et différez les séances intenses d'au moins 24 heures.

Mon approche consiste à traiter cette variable comme n'importe quel autre facteur de récupération : stress professionnel, manque de sommeil, semaine chargée. L'alcool n'est pas un ennemi à éradiquer, c'est un paramètre à intégrer dans la planification. La solution n'est pas de supprimer les repas d'affaires, c'est d'adapter intelligemment le programme de la semaine qui suit.

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03

Le protocole :
avant, pendant, après

Comprendre les mécanismes physiologiques est utile. Ce qui change réellement le quotidien, c'est de savoir quoi faire concrètement. Voici les stratégies que j'utilise avec mes clients — organisées en quatre temps.

1

Avant — Planifier plutôt qu'anticiper l'échec

Si une soirée est prévue, placez la séance la plus intense de la semaine la veille ou le matin même, pas le lendemain. Manger un repas substantiel avant de boire réduit significativement la vitesse d'absorption de l'éthanol et atténue les pics plasmatiques.

2

Pendant — La règle de l'alternance

Alterner un verre d'alcool avec un verre d'eau réduit la consommation globale de moitié sur la soirée, sans effort particulier. Préférer les boissons à faible teneur en alcool. En dessous de 0,5 g/kg, les effets sur la récupération restent limités (Lakicevic, 2019).

3

Avant de dormir — La fenêtre de compensation

Un grand verre d'eau avec une pincée de sel (électrolytes), un apport en glucides complexes si le repas a été léger, un environnement de sommeil optimal : occultation, température fraîche. Ces trois éléments limitent l'inflammation nocturne et préparent une meilleure reconstitution du glycogène.

4

Le lendemain — Évaluer, ne pas annuler mécaniquement

30 à 45 min de zone 2 ou une séance de mobilité permettent de maintenir le rythme sans contrainte musculaire supplémentaire. Ces activités favorisent la circulation et l'élimination des déchets métaboliques. Séances de force et HIIT différés d'au moins 24 heures.

Ce protocole fonctionne parce qu'il ne repose pas sur la restriction, mais sur la planification. Un client cadre dans le 7e arrondissement avait tendance à annuler ses séances après chaque repas d'affaires, se retrouvant avec deux à trois jours consécutifs sans entraînement plusieurs fois par mois. En décalant ses séances intenses en début de semaine et en intégrant les vendredis soir comme jours de récupération active, la régularité s'est considérablement améliorée sans sacrifier sa vie sociale.

La cohérence sur le long terme est bien plus déterminante qu'une séance optimale de temps en temps. Une personne qui s'entraîne trois fois par semaine, même avec des séances imparfaites, progressera davantage que celle qui enchaîne semaines parfaites et semaines blanches.

Pour aller plus loin

Coaching sportif à domicile Paris — comment récupération, nutrition et progression sont intégrés dans un même programme.

Coach sportif Paris 7e — accompagnement pour professionnels avec contraintes horaires spécifiques.

Bilan complet — pour définir le programme adapté à votre mode de vie réel.

04

Alcool et santé globale :
ce que la science a révisé

Pendant une vingtaine d'années, un consensus médical suggérait qu'une consommation légère d'alcool offrait un léger bénéfice cardiovasculaire. Cette idée de courbe en J a été largement relayée. Une analyse publiée dans JAMA Network Open (Biddinger et al., 2022) sur 371 000 participants a apporté un éclairage décisif sur ce débat.

Les buveurs légers semblaient en meilleure santé que les abstinents — mais ils avaient aussi un IMC plus faible, fumaient moins, mangeaient plus de légumes. La corrélation était là. La causalité, non. Une fois les variables de style de vie correctement contrôlées, l'effet protecteur apparent s'est significativement réduit.

Appliquée ensuite, la randomisation mendélienne — méthode plus robuste utilisant des variants génétiques — a confirmé : une augmentation de la consommation habituelle est associée à des risques significativement plus élevés d'hypertension (+28 %), de coronaropathie (+38 %), d'infarctus (+37 %), d'AVC (+26 %), d'insuffisance cardiaque (+39 %) et de fibrillation auriculaire (+24 %). La courbe n'est plus en J : neutre à très faible dose, puis exponentiellement délétère à partir d'une consommation soutenue.

Sur le plan du risque cancéreux (Rovira & Rehm, 2021) : pour les femmes, le risque cumulatif de cancers liés à l'alcool avant 80 ans passe de 16,5 % à 19,0 % en passant de moins d'un verre/semaine à un verre/jour. Pour les hommes, de 10,0 % à 11,4 %. Modeste en valeur absolue à faible dose, mais réel et documenté.

Sur le cerveau : passer de zéro à un verre par soir porte l'âge cérébral estimé de 50 à 50,5 ans. Passer à quatre verres fait bondir cet âge à 60,2 ans (Daviet et al., 2022). Négligeable à faible dose, sévère à forte dose : le même schéma non-linéaire partout.

Bonne nouvelle : les études BEER-HIIT de Molina-Hidalgo et al. (2019, 2020) montrent qu'un à deux verres par jour associés à un programme de HIIT n'impactent pas significativement la composition corporelle ni les performances. La bière du soir ne ruine pas le travail de la semaine — à condition que la semaine ait bien eu lieu.

Ce que dit la science en 2024 — synthèse

Cardiovasculaire

Effet neutre à légèrement négatif dès la consommation légère. L'effet "protecteur" est un artefact méthodologique.

Cancer

Risque réel dès la consommation régulière, modeste en valeur absolue à faible dose (+2,5 pts femmes à 1 verre/jour).

Cerveau

+0,5 an à 1 verre/soir. +10 ans estimés au-delà de 3 verres/soir. Non-linéaire.

Composition corporelle

1-2 verres/jour sans impact significatif sur un programme HIIT structuré (BEER-HIIT, 2019-2020).

Ces données permettent une analyse risque/bénéfice personnalisée. Pour le professionnel parisien qui consomme de l'alcool de façon occasionnelle et modérée, l'impact sur la condition physique reste marginal. Pour celui dont la consommation dépasse régulièrement deux ou trois verres par soir, les données cardiovasculaires et cancéreuses méritent une attention sérieuse, indépendamment de toute considération sportive.

05

Ce que mes clients observent
après 30 jours sans alcool

À plusieurs reprises, des clients ont testé une période de 30 jours sans alcool, sans changer leur programme ni leur alimentation. Ce n'est pas une recommandation systématique — c'est une expérience utile pour mesurer son baseline réel et décider en connaissance de cause. Voici les observations récurrentes, issues de plusieurs profils hommes et femmes entre 35 et 52 ans.

Semaine 1

Peu de différences perceptibles. Meilleure qualité de sommeil dès J+3/J+4. Humeur matinale légèrement améliorée.

Semaines 2–3

Séances plus constantes. Scores HRV améliorés sur montre connectée. Meilleure disponibilité en séance, récupération plus rapide entre les sets.

Semaine 4

Les clients en perte de poids observent une légère amélioration sans rien changer à l'alimentation — simplement la suppression des calories vides. Énergie matinale plus stable.

Ce qui est intéressant dans cette expérience, c'est sa valeur informative. Beaucoup de clients ne réalisent pas à quel point l'alcool impactait leur récupération avant de l'avoir supprimé et observé la différence. Pour certains, l'expérience conduit à un arrêt durable. Pour d'autres, elle les conforte dans l'idée que leur consommation habituelle était déjà suffisamment légère pour n'avoir aucun impact mesurable. Les deux conclusions sont valables.

Guide des seuils · Estimez votre impact

Votre consommation dépasse-t-elle le seuil mTOR ?

Retrouvez votre poids dans la colonne de gauche pour estimer le nombre de verres correspondant à chaque seuil.

Votre poids ✓ OK — < seuil mTOR ⚠ Seuil dépassé ⚠ Consommation élevée
  < 0,5 g/kg · récup. non impactée 0,5–1 g/kg · synthèse −20 à −30 % > 1 g/kg · synthèse −37 % · 48h récup.
55 kg ≤ 2 verres 3 – 5 verres ≥ 6 verres
65 kg ≤ 3 verres 4 – 6 verres ≥ 7 verres
75 kg ≤ 3 verres 4 – 7 verres ≥ 8 verres
85 kg ≤ 4 verres 5 – 8 verres ≥ 9 verres
95 kg ≤ 4 verres 5 – 9 verres ≥ 10 verres

✓ En dessous du seuil

Récupération non significativement impactée. Séances intenses possibles demain — pensez à l'hydratation.

⚠ Seuil dépassé

Zone 2 ou mobilité demain. Différez force et HIIT de 24h. Électrolytes + hydratation ce soir.

⚠ Consommation élevée

Repos ou marche légère uniquement. Séance intense à différer de 48h minimum.

Basé sur Lakicevic (2019) · seuil 0,5 g/kg · 1 verre standard = 10 g d'alcool · Outil indicatif, non médical.

06

4 mythes déconstruits

Ces affirmations circulent dans les vestiaires, sur les forums et parfois dans la presse grand public. Voici ce que les données disent réellement.

"La bière après l'entraînement aide à récupérer"

MYTHE. La bière contient eau, glucides et quelques électrolytes. Mais son alcool est diurétique et inhibe la reconstitution du glycogène et la synthèse protéique. Une bière non-alcoolisée est une option de récupération pertinente. Ce n'est pas la même boisson.

"Boire le week-end ne change rien si je m'entraîne en semaine"

MYTHE PARTIEL. Une consommation modérée et ponctuelle impacte peu un programme bien structuré. En revanche, 6 à 8 verres par soirée deux fois par semaine — le cumul calorique et l'impact sur la récupération du lundi sont réels. La quantité totale par semaine est le facteur déterminant, pas le jour de consommation.

"L'alcool n'affecte que l'endurance, pas la force"

PARTIELLEMENT VRAI. Sur la force brute à J+1 (1RM, saut vertical), l'impact est souvent non significatif à dose modérée. Mais la synthèse protéique myofibrillaire chute de 24 à 37 % : l'alcool n'empêche pas de soulever lourd le lendemain — il ralentit les gains sur la durée.

"Manger avant de boire neutralise les effets sur la récupération"

MYTHE PARTIEL. Manger avant ralentit l'absorption, atténue les pics d'alcoolémie et limite certains symptômes. Mais l'étude Parr et al. (2014) a été menée avec des protéines co-ingérées avec l'alcool, et la synthèse protéique était quand même réduite de 24 %. L'alimentation amortit. Elle ne neutralise pas.

07

Questions fréquentes

Est-il possible de boire de l'alcool sans impacter sa musculation ?

Oui, dans certaines limites. La revue de Lakicevic (2019) montre qu'une consommation inférieure à 0,5 g/kg (soit environ 2 verres pour une personne de 70 kg) ne produit pas d'effet significatif sur la récupération musculaire après un exercice de résistance standard. La fréquence reste cependant un facteur clé : ce seuil s'entend pour des occasions ponctuelles, non pour une consommation quotidienne soutenue.

Combien de temps attendre après une soirée pour s'entraîner normalement ?

Pour un effort d'endurance ou une séance de force intensive, attendez 24 h minimum après une consommation modérée, et 48 h après une consommation élevée. Les activités légères en zone 2 (marche rapide, vélo tranquille, mobilité) peuvent être pratiquées dès le lendemain et contribuent à la récupération active.

L'alcool bloque-t-il les effets d'une séance faite le même soir ?

Pas entièrement, mais partiellement. Si de l'alcool est consommé dans les 4 à 6 heures qui suivent la séance, l'inhibition de la voie mTOR réduit l'efficacité de la synthèse protéique post-effort. L'idéal : s'entraîner le matin et boire en soirée, plutôt que l'inverse.

Les effets sont-ils les mêmes pour les hommes et les femmes ?

Non. Les hommes semblent plus vulnérables aux perturbations de récupération musculaire, notamment en raison de différences dans le métabolisme de l'éthanol et la réponse hormonale (testostérone, cortisol). Ces différences restent des tendances générales et varient selon les individus.

L'alcool fait-il grossir même si je fais du sport régulièrement ?

Indirectement, oui. L'alcool apporte 7 kcal/g sans valeur nutritive, et le foie le métabolise en priorité, repoussant l'oxydation des graisses. Sur une soirée de 4 à 5 verres : facilement 400 à 500 kcal supplémentaires. Pour quelqu'un en phase de recomposition corporelle, ce poste calorique est souvent ce qui explique une stagnation inexpliquée.

La bière sans alcool est-elle une bonne boisson de récupération ?

Elle mérite mieux que sa réputation. La bière sans alcool apporte des glucides pour reconstituer le glycogène, des polyphénols anti-inflammatoires et une bonne hydratation, sans l'effet diurétique de l'éthanol. Les travaux de Scherr et al. (2012) ont montré qu'une consommation régulière après des séances intenses réduisait les marqueurs d'inflammation. Ce n'est pas une boisson miracle, mais c'est un choix raisonnable.

Comment gérer les repas d'affaires fréquents avec un programme structuré ?

La clé est la planification structurelle, pas la restriction. Placer les séances intenses en début de semaine, intégrer les lendemains de soirées comme jours de récupération active, et s'assurer que les jours d'entraînement complet ne tombent pas le matin après une soirée. Ce type d'organisation est exactement ce que permet un programme personnalisé, calibré sur vos contraintes réelles.

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Ce que vous venez de lire, d'autres l'ont vécu. À votre tour.

Alexis Glomeron Coach Sportif Paris

À propos de l'auteur

Alexis Glomeron

Coach sportif à domicile à Paris depuis 8 ans. Master 2 STAPS (Paris Descartes) · Precision Nutrition Level 1 · Biomécanique Appliquée. 74 avis Google 5,0/5 · 200+ clients · Paris 6e, 7e, 14e, 15e, 16e et Boulogne-Billancourt. Agréé SAP n°SAP835316811.

Sources — 12 études

Lakicevic, N. (2019). "The Effects of Alcohol Consumption on Recovery Following Resistance Exercise." Journal of Functional Morphology and Kinesiology.

Shaw, D. et al. (2022). "Effect of Previous-Day Alcohol Ingestion on Muscle Function and Performance of Severe-Intensity Exercise." Int J Sports Physiol Perform.

Parr, E. B. et al. (2014). "Alcohol Ingestion Impairs Maximal Post-Exercise Rates of Myofibrillar Protein Synthesis." PLOS ONE.

Thayer, J. F. et al. (2005). "Alcohol use, urinary cortisol, and heart rate variability in apparently healthy men." Alcohol, Clinical and Experimental Research.

Caceres-Ayala, C. et al. (2023). "Episodic Binge-like Ethanol Reduces Skeletal Muscle Strength." International Journal of Molecular Sciences.

Rodrigues, R. (2020). "Alcohol Intake, Sleep Deprivation, and Neuromuscular Fatigue."

Jensen, K. et al. (2019). "Physical exercise in the treatment of alcohol use disorder." Scandinavian Journal of Public Health.

Biddinger, K.J. et al. (2022). "Association of Habitual Alcohol Intake With Risk of Cardiovascular Disease." JAMA Network Open.

Rovira, P. & Rehm, J. (2021). "Estimation of cancers caused by light to moderate alcohol consumption in the EU." European Journal of Public Health.

Daviet, R. et al. (2022). "Associations between alcohol consumption and gray and white matter volumes in the UK Biobank." Nature Communications.

Molina-Hidalgo, C. et al. (2019). "Beer or Ethanol Effects on the Body Composition Response to HIIT. The BEER-HIIT Study." Nutrients.

Molina-Hidalgo, C. et al. (2020). "Influence of daily beer or ethanol consumption on physical fitness in response to HIIT." J Int Soc Sports Nutr.